Rencontres 2014-2015 au MAHP : « L’Homme et le Feu » (02/04/2015)

Rencontre avec Bertrand Roussel

Ne pas ciller.

Rester concentré.

Devant les yeux ébaubis des écoliers de Madame Degorce (classe de CE2 de l’école Pra d’Estang), Bertrand Roussel se lance dans une gestuelle maîtrisée et élégante prenant pour cadre les jardins du MAHP.

À ses connaissances doctorales en matière de Préhistoire, cet attaché de conservation au musée niçois de Terra Amata allie un sens pratique des plus rassurants.

En effet, imaginez-vous qu’avec une simple tige de bois (le foret) et une planchette, Bertrand Roussel réussit à faire naître le feu.

Rencontre MAHP B. ROUSSEL 02 avril 2015Le principe est simple : c’est celui de la friction du bois par rotation. En faisant tourner le foret sur la planchette, on constate la production de sciure recueillie par une gouttière. La friction étant intense, l’augmentation de la température entraîne l’embrasement de la sciure et l’apparition d’une braise.

 

Rencontre MAHP B. ROUSSEL 02 avril 2015 terDélicatement, cette braise se voit alors recueillie au sein d’herbes sèches où le souffle rythmé de Bertrand Roussel fait surgir une flamme. Compter une minute.

«  C’est intelligent ! » s’exclame une des élèves aux yeux brillants, étonnée de constater qu’avec si peu, le résultat soit si prodigieux (l’observation et la déduction, chères à Leonardo, sont peut-être des clefs bien plus puissantes que la parole pour comprendre notre monde).

Au préalable à cette expérience d’un autre âge, en compagnie de Gilles Burois, médiateur culturel, la classe avait entrepris un voyage à la recherche du Feu dans l’hôtel particulier du musée d’Art et d’Histoire de Provence.

Furent déclinés au fil des salles ses différents usages depuis la nuit des Temps : la transformation des matières (la cuisson de l’argile à la Préhistoire), les rites funéraires (l’incinération du monde romain), la cuisson des aliments (dans la cuisine provençale restée dans son jus), le chauffage (au choix, les cheminées des Clapiers-Cabris), l’éclairage (bougeoirs et mouchettes pour éteindre la flamme) et l’art de la guerre (fusils et autres pistolets).

Pourtant, à l’issue de cette rencontre, le Feu à l’image de l’Homme, bien que chaleureux, conserve encore son caractère parfaitement énigmatique.

 

 

 

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