Les découvreurs

PEAC 2017-2018 MUSEES DE GRASSE

Nom du projet : Les découvreurs

Ateliers d’écriture à partir des collections du MIP menés en parallèle avec deux groupes différents : collégiens grassois et détenus majeurs de la Maison d’Arrêt de Grasse.

Public concerné : 25 élèves de 5ème du collège Carnot et leur professeure Céline Haddad professeur de français et 2 groupes de 10 majeurs niveau « collège », de la maison d’arrêt et leur enseignant Lionel Tintori.

Résumé synthétique :

Travail mené, de janvier à février 2018, en parallèle dans les deux établissements autour du monde des explorateurs : Marco Polo, Christophe Colomb, L.A. Bougainville…

Les adultes en maison d’arrêt et les collégiens ont étudié des textes relatant les grandes découvertes avec leur enseignant respectif. 

Ces séances ont été ponctuées par des interventions d’un médiateur du MIP :

  • 1ère phase : jeux autour du champ lexical dédié aux odeurs, en lien avec des objets sélectionnés dans les sections antiquité, époque moderne et XIXe s.
  • 2ème phase : rédaction d’un texte en partant de consignes d’écriture, chaque odeur étant liée à un personnage, un lieu, une action, une émotion, que les participants imaginent et décrivent.

Ces 2 ateliers ont eu pour appui des odeurs liées aux textes étudiés.

  • 3ème phase : rédaction en partant à nouveau des odeurs et de la consigne « à la découverte d’un nouveau pays ».

 

L’idée étant que les uns et les autres s’échangent leurs histoires. C’est pourquoi après chaque séance les textes ont été systématiquement partagés aux collégiens et aux détenus, le musée se faisant le passeur de toutes ces histoires imaginées.

Remarque : Les collégiens ont pu se déplacer au musée pour les séquences olfactives, tandis que ces mêmes ateliers se sont entièrement déroulés en prison pour les détenus avec un médiateur culturel.

 

Exemples de textes :

Hervé / Maison d’arrêt

Nous sommes à la Martinique, à la fin du XVIIIe siècle. Elle s’appelle Cassandra, c’est une princesse d’une beauté incomparable. La couleur Ébène de sa peau tranche avec le rouge de sa robe à volants. Une fleur blanche agrémente ses cheveux bouclés d’un noir intense. Telle une fleur, elle embaume l’air d’un parfum particulièrement délicat. Elle aime se faire belle, d’autant qu’à 20 ans elle est toujours célibataire. Ses aïeux, qui étaient des esclaves, ont été ensuite affranchis. Elle a perdu ses parents très jeunes, mais a eu la chance d’être adoptée par un riche négociant en Banane.

Elle vit dans une magnifique demeure de style colonialiste aux murs blancs couverts de volets d’un bleu azur. Entre la demeure et les champs de banane, on trouve un immense jardin avec un gazon impeccable, planté par-ci par-là de plantes tropicales aux fleurs merveilleuses que viennent butiner les colibris. Derrière la maison on trouve la forêt tropicale, impénétrable, sombre, aux mille bruits inquiétants, menaçante telle une épée de Damoclès. La fenêtre de la chambre de Cassandra, située au premier étage de la demeure, donne justement sur la forêt. Un soir, alors que l’atmosphère est lourde et que l’orage gronde au loin, elle entend un bruit strident en bordure de forêt. Une vague d’effroi la traverse et les fins poils bruns de ses bras se dressent. Elle est inquiète, car son frère adoptif n’est pas rentré de la chasse. Il est parti tôt ce matin pourtant […].

 

 

Omar / Maison d’arrêt

J’arrive dans une forêt dense, pleine de feuillages humides. Tout est vert autour de moi. La peur m’envahit. Alors que je pense voir un animal sauvage, pleins de cris d’oiseaux s’en mêlent pour accentuer ma peur. Je croise ensuite une petite rivière où coule une eau fraîche. Je m’installe alors sur une grosse pierre posée au bord de l’eau, pensant que ce sera le lieu idéal pour pêcher un poisson pour limiter ma sensation de faim qui est de plus en plus pénible à supporter. De mon promontoire, j’ai une vue superbe sur une petite vasque ou viennent se poser des truites magnifiques. Alors que je me crois – à tort- finalement en bonne posture, j’entends soudain le feulement d’un tigre qui doit se trouver qu’à quelques mètres de moi. Je ne bouge plus, et arrête même ma respiration. Mais que puis-je faire dans une si mauvaise position ? La bête finit par se retrouver face à moi. C’est la fin, je ne peux rien faire, et je n’ai strictement aucun moyen de me défendre. Soudain, elle se jette sur moi sans que je n’aie eu le temps d’esquisser […].


Romain / Collège Carnot

La reine Christine m’avait confié pour mission de partir au Westland, ce pays inconnu de tous car quiconque entré n’en sort plus… J’embarquai donc dans l’aéronef offert par sa majesté. J’arrivai donc au Westland. De loin, cette contrée paraissait verdoyante et joyeuse mais une fois arrivé là-bas, la solitude et la peur envahissait ce monde. La maison que l’on m’a attribué était plus noire et vieille que sur la photo du site du gouvernement. Mon métier ne paie pas assez d’argent pour m’acheter un logement. Reprenons. Il paraît que son ancien propriétaire avait déserté la maison pour une raison inconnue. Et chose curieuse : les voisins voyaient toujours de la fumée sortir de la cheminée. Je me présentai aux voisins mais quand on m’ouvrit la porte, un homme de quarante balais avec une barbe de trois jours, un vieux débardeur taché de bière et de transpiration m’ouvrit la porte. Je lui expliquai que j’étais le nouveau voisin.  Il me balança un bonjour et me ferma la porte au nez. Une fois chez moi, un nettoyage s’imposa. Enfin terminé une bonne odeur emplit la pièce à vivre. Mais le mystère de l’ancien propriétaire me tracassait.

Le matin après une bonne nuit de sommeil, j’allai faire les courses et, un plat mexicain me donna envie. Les odeurs de cumin emplirent la cuisine. Direction le bureau. Je ne l’avais pas dit, mais je suis détective, en sorcellerie. Ne vous moquez pas c’est sérieux ! […].

 

Alexandra / Collège Carnot

Bonjour (Cher Journal)

La reine m’a demandé d’aller explorer un pays à bord d’un bateau. Arrivé à destination, je touchai une immense terre dont j’ignorais le nom. J’aperçus de grands arbres et de magnifiques fleurs : des roses rouges, des roses blanches. Une sensation de tristesse m’atteignit.

C’est à ce moment-là qu’un garçon s’approcha de moi. Il était brun, plutôt beau et sentait une odeur fruitée. Il me dit que son pays s’appelle Nazoi et que ce mot signifiait Amour. Une odeur d’épices m’interpella, le cumin, peut-être ?

Plus j’avançai à la découverte de ce pays, plus ses chemins fleurissaient de drôles d’odeurs que je peinais à distinguer. Il y avait le cumin, des odeurs fruitées, boisées et fleuries mais pour les autres aucune idée […].