Rencontres 2014-2015 au miP : « La chaudronnerie » (15/01/2015)

20150115_093210_resizedRencontre avec Charles Tupinier (ancien chef d’atelier chez Tournaire, Grasse)

« Cela m’a scotché » ! C’est par ces mots que Charles Tupinier évoque sa jeune rencontre avec le monde des hauts-fourneaux au Creusot. Fasciné par le spectacle d’une coulée de métal en fusion passée au laminoir, il s’oriente à 17 ans vers un C.A.P. de chaudronnier puis toque à la porte de l’entreprise grassoise Tournaire, où Marcel Tournaire l’engage sur le champ : « Petit, tu commences demain ! ».

S’en suivront 43 années au service de cette entreprise et des voyages de par le monde (Chine, Turquie …) afin de monter les ouvrages commandés. Car le métier de chaudronnier est pluriel : réalisation d’alambics, commandes de l’aéronautique ou de l’aérospatiale.

Ainsi, pour un alambic, différentes étapes sont à respecter :

– la commande du client est précise; il souhaite un alambic pour traiter un certain tonnage de matières premières par jour. A ce stade, le bureau d’études et le service client prennent en charge sa demande.

– Sur informatique, le bureau d’études conçoit les plans de l’alambic qui seront transmis à l’atelier de fabrication où se succèderont les phases de traçage, découpage, formage, soudage, assemblage, décapage et brossage.

– C’est ensuite le grand jour du montage à blanc (assemblage temporaire de l’alambic) qui permettra au client de voir et de réceptionner son alambic avant qu’il ne reparte en pièces détachées sur son lieu de production. « Moment émouvant où le chaudronnier présente le métal qu’il a façonné; moment gratifiant du travail bien fait »dixit Charles Tupinier.

20150115_091721_resizedAux questions des deux classes de 4ème du collège des Jasmins de Grasse sur la pénibilité de ce travail, Charles Tupinier explique que c’est certes un travail difficile et surtout dangereux (risques de coupures, de brûlures, bruits assourdissants, travail par 50° l’été) mais c’est un métier qu’il exerce avec passion, « enfin, que j’exerçais », se reprend-t-il, lui qui est maintenant à la retraite.

 

 

 

 

 

Rencontres 2014-2015 au MAHP : « Les moulins à huile » (12/03/2015)

 

Rencontre avec Alexandra Mikhalkova (oléicultrice à Saint-Cézaire-sur-Siagne)

De « L’Affaire Thomas Crown » aux contes méridionaux, les moulins n’ont cessé d’être une source d’inspiration pour l’imaginaire collectif.

Et puis il y a aussi et surtout l’intime et les promenades d’enfance d’Alexandra avec son grand-père parmi ses oliviers de Saint-Cézaire : 200 personnages majestueux, jadis cadeau d’Athéna à sa ville, trônant depuis deux siècles en pays grassois.

Ainsi, de l’Antiquité grecque à l’Empire romain, il n’y a qu’un pas que la classe de CE2-CM1 de Madame Baretge (Saint-Mathieu) franchit allégrement en compagnie d’Alexandra Mikhalkova, oléicultrice et de Gilles Burois, médiateur aux musées de Grasse.

rencontre mahP 12 mars 2015 meuleDans la salle romaine du musée d’Art et d’Histoire de Provence, la meule en pierre retrouvée lors de fouilles archéologiques à Peymeinade diffère par sa taille des modèles actuels; le principe lui est demeuré le même : il faut broyer, encore mieux « triturer » étant le terme technique, les olives afin d’obtenir une pâte.

 

La suite du processus est dévoilée dans l’ancienne jarrerie de l’hôtel particulier du XVIIIème siècle où le pressoir et ses scourtins en fibre de coco contenant la pâte d’olives sont conservés.

rencontre mahP 12 mars 2015 jarrerieAlexandra montre alors une galette, résultat de la pression, mélange de noyaux, de peaux et de chairs. Quant au liquide recueilli, pour des raisons de densité, l’huile surnage par rapport à la margine (l’eau des olives).

 

 

Au final, pour que le plaisir soit total, la rencontre se termine sur une dégustation d’huiles et de pâte d’olives produites par l’huilerie Sainte-Anne (Grasse) et amenées par Alexandra aux fossettes rieuses, celles de cette petite fille et de ses oliviers.

 

Rencontres 2014-2015 au MAHP : « L’Homme et le Feu » (02/04/2015)

Rencontre avec Bertrand Roussel

Ne pas ciller.

Rester concentré.

Devant les yeux ébaubis des écoliers de Madame Degorce (classe de CE2 de l’école Pra d’Estang), Bertrand Roussel se lance dans une gestuelle maîtrisée et élégante prenant pour cadre les jardins du MAHP.

À ses connaissances doctorales en matière de Préhistoire, cet attaché de conservation au musée niçois de Terra Amata allie un sens pratique des plus rassurants.

En effet, imaginez-vous qu’avec une simple tige de bois (le foret) et une planchette, Bertrand Roussel réussit à faire naître le feu.

Rencontre MAHP B. ROUSSEL 02 avril 2015Le principe est simple : c’est celui de la friction du bois par rotation. En faisant tourner le foret sur la planchette, on constate la production de sciure recueillie par une gouttière. La friction étant intense, l’augmentation de la température entraîne l’embrasement de la sciure et l’apparition d’une braise.

 

Rencontre MAHP B. ROUSSEL 02 avril 2015 terDélicatement, cette braise se voit alors recueillie au sein d’herbes sèches où le souffle rythmé de Bertrand Roussel fait surgir une flamme. Compter une minute.

«  C’est intelligent ! » s’exclame une des élèves aux yeux brillants, étonnée de constater qu’avec si peu, le résultat soit si prodigieux (l’observation et la déduction, chères à Leonardo, sont peut-être des clefs bien plus puissantes que la parole pour comprendre notre monde).

Au préalable à cette expérience d’un autre âge, en compagnie de Gilles Burois, médiateur culturel, la classe avait entrepris un voyage à la recherche du Feu dans l’hôtel particulier du musée d’Art et d’Histoire de Provence.

Furent déclinés au fil des salles ses différents usages depuis la nuit des Temps : la transformation des matières (la cuisson de l’argile à la Préhistoire), les rites funéraires (l’incinération du monde romain), la cuisson des aliments (dans la cuisine provençale restée dans son jus), le chauffage (au choix, les cheminées des Clapiers-Cabris), l’éclairage (bougeoirs et mouchettes pour éteindre la flamme) et l’art de la guerre (fusils et autres pistolets).

Pourtant, à l’issue de cette rencontre, le Feu à l’image de l’Homme, bien que chaleureux, conserve encore son caractère parfaitement énigmatique.